Production 2015-2016

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Propos de la pièce

« Des incendiaires dans la ville, dites-vous? Ils s’insinuent chez le bourgeois innocent pour y mettre le feu ? Ils ne m’auront pas. Ça, je peux vous l’assurer. » C’est peut-être ce que pense Monsieur Bonhomme, mais l’avenir lui apprendra que, lorsqu’on a encore plus peur de la vérité que du malheur, il est impossible d’éviter le malheur.

 

Dans cette puissante métaphore dénonçant la montée du fascisme en Europe durant la période d’avant-guerre, le grand auteur dramatique Max Frisch démontre, non sans humour, que les dérapages meurtriers qui jalonnent l’histoire humaine sont plus souvent le fruit de la bêtise que celui d’un destin qui échapperait à notre contrôle.

 

 

Biographie de l’auteur

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Max Frisch est l’un des plus grands romanciers, essayistes et auteurs dramatiques suisses de langue allemande. Il voit le jour en 1911 à Zurich dans une famille d’origine autrichienne. La mort de son père en 1933 l’obligera à abandonner ses études littéraires pour se consacrer plutôt au journalisme. À cette époque, il voyage beaucoup et rédige son premier roman. Marchant dans les pas de son père, il entreprendra des études d’architecture en 1936, métier qu’il exercera jusqu’en 1955, sa notoriété d’écrivain lui permettant dès lors de vivre uniquement de sa plume.

 

L’abondante production théâtrale et romanesque de Max Frisch est hantée par les problèmes de l’identité, de la liberté et du destin de l’individu dans un monde dépourvu de repères éthiques ou moraux solides. Comme le souligne Daniel Zerki*, Frisch n’entend pas apporter de réponse définitive à ces questions, mais « il espère qu’elles susciteront, chez les lecteurs et les spectateurs, le désir ‘d’apporter leurs propres réponses qui ne pourront être données que par leur vie même’. » Pour Frisch, comme le souligne encore Zerki, « le péché fondamental contre la vie et contre l’homme se définit par ce commandement de la Bible : Tu ne feras pas d’images taillées ; c’est-à-dire : tu ne colleras pas, sur toi-même et sur les autres, une étiquette qui, vous définissant une fois pour toutes, vous changerait en objet et vous interdirait toute évolution. »

 

Monsieur Bonhomme et les Incendiaires, créée en 1958 et jouée pour la première fois en français en 1960, témoigne précisément de ce refus catégorique de certaines personnes à admettre, malgré qu’elles soient confrontées à des preuves aveuglantes, l’inanité ou même le caractère suicidaire de leurs propres points de vue. Ce n’est donc pas le destin qui tue, constate Frisch, mais la bêtise humaine.

 

Frisch nous pousse, tous autant que nous sommes, à plonger courageusement notre regard dans le « marécage de nos états d’âme » (Don Juan ou L’amour de la géométrie (1953)), et à secouer l’apathie qui nous enveloppe et nous ensommeille. Il en va de notre survie même, en tant qu’être humain libre.

Max Frisch est mort le 2 avril 1991 à Zurich en Suisse.

Monsieur Bonhomme et les Incendiaires s’inscrit parfaitement dans le mandat des Veilleurs de Nuit dont la mission est de faire connaître des pièces ou des auteurs moins connus du public québécois. Les Veilleurs sont ravis de lever le voile sur cette perle rare du répertoire international

Mot du metteur en scène

Distribution

* Daniel ZERKI, « FRISCH MAX (1911-1991) », Encyclopædia Universalis [en ligne : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/max-frisch/].

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